Quand on choisit de nommer le héros d’un jeu vidéo Kratos, on ne le fait certainement pas par hasard.
En grec ancien, « ΚΡΑΤΟΣ » signifie le pouvoir, on le retrouve dans démocratie par exemple. Kratos est le fils du Titan Pallas et de Styx, on raconte qu’avec Bia, la force, il a enchaîné Prométhée sur le mont Caucause, répondant ainsi à l’injonction de Zeus.
En « jeuvidéologie », Kratos est le héros charismatique de la série God of War. Actuellement, on trouve deux épisodes sur Playstation 2, et un épisode sur PSP. Un troisième opus sort prochainement en exclusivité sur PS3. Il existe également une version pour téléphone mobile sortie en 2007, mais ne l’ayant jamais testée je n’en parlerai pas.
God of war est un jeu d’action à la troisième personne, très violent et dont l’histoire se déroule au temps de la Grèce Antique. Nous sommes littéralement plongés dans le vif du sujet dès les premiers instants du jeu. En effet, Kratos se suicide en se jetant d’une falaise dans la mer Egée, alors que le joueur observe sa chute, son histoire lui est narrée par une douce voix off. On y apprend que Kratos est un chef de guerre de l’armée de Sparte, obéissant aux ordres d’Arès (Dieu de la Guerre). Assoiffé de victoires, il choisit de vendre son âme plutôt que de capituler, et obtient ainsi d’Arès, les « Lames du Chaos », soudées à jamais à ses bras.
Cet acte n’est pas anodin, car on apprend au fil du jeu qu’Arès ne se satisfait pas de son âme, mais veut aussi le soustraire à toute emprise affective. Refusant d’écouter les prédictions de l’Oracle, Kratos se lance à cœur perdu dans la destruction et en vient à massacrer toute une population, parmi laquelle, et sans le savoir, sa femme et sa fille. Kratos ne se le pardonnera jamais et restera hanté par la vision cauchemardesque de son acte. Sa colère et sa haine sont également tournées vers Arès, lui qui avait orchestré tout cela.
Le but de Kratos devient d’obtenir la rédemption et la disparition de ses visions nocturnes terrifiantes, il se met alors aux services des dieux.
Comme je disais plus haut, Kratos est charismatique, et principalement pour deux raisons, liées à son apparence physique:

Sa blancheur, d’une part, et la présence de ses chaînes et ses lames autour de ses poignets, d’autre part.
L’explication liée à sa blancheur est particulièrement intéressante. Il porte sur lui la marque de sa faute: les cendres de sa famille. La dette qu’il a envers sa famille est marquée sur sa peau, à jamais. Les lames qui lui servent à attaquer et se défendre sont le cadeau empoissonné reçu d’Ares.
God of War provoque chez le joueur un sentiment de puissance et d’omnipotence très fort. On incarne Kratos avec un plaisir non dissimulé, chaque récompense est méritée, au prix de combats dantesques et de luttes acharnées.

La démesure est continuelle, les monstres sont tous plus impressionnants les uns que les autres, les ennemis toujours plus nombreux. La rage de vaincre de notre avatar est tellement forte, et sa tristesse tellement profonde, que la progression dans le jeu est en symbiose avec l’empathie que l’on éprouve pour lui.
Malgré sa violence et son excès, God Of War est un jeu qui marque, et en venir à bout est une récompense en soi.
Sur le divan, très prochainement, nous verrons les liens entre Kratos, figure vidéoludique légendaire, et l’adolescence. L’hybris et la toute puissance seront au rendez vous, alors à très vite…
4 commentaires
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Gee23 a dit :
26 octobre 2009 à 14 h 58 min (UTC 2)
Curieux de s’identifier à un personnage qui se suicide d’entrée de jeu en fait. Je n’ai pas joué au premier opus (uniquement version PSP) mais en lisant le pitch du jeu dans ton article, j’ai pensé à The Crow aussi, la mort de la compagne entrâine la vengeance…
MonsieurNeku a dit :
26 octobre 2009 à 16 h 54 min (UTC 2)
La séquence du suicide de Kratos est terriblement (sur)prenante et pleine d’une rare intensité pour le joueur qui directement se retrouve plongé dans une histoire qu’il devra suivre bon gré mal gré.
J’aime beaucoup l’histoire de Kratos, tout comme l’aspect cinématographique qui est rendu sur le jeu.
Kefoo a dit :
12 novembre 2009 à 13 h 38 min (UTC 2)
En tout cas j’apprends quelque chose. Jusqu’à présent le Styx représentait la rivière qui séparait le monde des vivants de celui des morts. Ce serait aussi le nom d’un Titan alors?
Lucie a dit :
14 novembre 2009 à 13 h 30 min (UTC 2)
@ Kefoo, Styx est une nymphe des eaux, elle personnifie le fleuve des enfers. ^^
Aujourd’hui sur le Divan #01 Kratos de God of War | Vu du divan a dit :
4 novembre 2009 à 11 h 03 min (UTC 2)
[...] Présentation « Aujourd’hui en salle d’attente #01 Kratos de God of War [...]