Pourquoi jouer à un jeu de simulation ? Un jeu et un pad peuvent ils retranscrire l’ambiance de la compétition ? Tous les coups sont-ils permis quand on est dans le virtuel ? C’est à ces questions, et quelques autres encore, que je vais tâcher de répondre aujourd’hui.
Les jeux de simulation…Simulation, voyons voir, on trouve plusieurs définitions de ce mot dans le dictionnaire :
- Fait de créer contre les tiers une fausse apparence dans la conclusion d’un contrat ( droit civil)
- Fraude consciente et raisonnée qui consiste à provoquer, à imiter ou à exagérer des troubles morbides subjectifs ou objectifs dans un but intéressé (médecine)
- Fait d’exagérer ou de prolonger plus ou moins consciemment un symptôme pathologique (psychologie)
- Reproduction artificielle du fonctionnement d’un appareil, d’une machine, d’un système, d’un phénomène, à l’aide d’une maquette ou d’un programme informatique, à des fins d’étude, de démonstration ou d’explication (technologie)
- Méthode, technique permettant de produire de manière explicite (en général formalisée) un processus quelconque (économie, sciences humaines)
Deux idées sont à retenir, la tromperie d’une part, et l’imitation d’autre part. Dans l’univers du jeu vidéo, simulation a une connotation positive puisqu’elle qualifie les jeux qui invitent le joueur à reproduire une action réelle : conduite, pilotage, sport, etc.
On oppose souvent les jeux dits d’arcade à ceux de simulation, les premiers se devant d’être plus accessibles, voire plus fun à jouer. Cependant, quand on aime, un jeu de simulation peut s’avérer réellement génial.
Le sport est un sujet propice à ce type de jeu, de FIFA ou PES pour le football, en passant par NBA live pour le basket ou encore WII fit pour le fitness ! Tout est presque possible. Chacun, en fonction de son degré de connaissance du sport, par exemple, va aller chercher LE jeu qui lui permettra de retrouver de bonnes sensations.
Pour ce qui me concerne, je vais vous parler de Fight Night , LA simulation de boxe anglaise sur console.
La première fois que je mettais les pieds dans une salle de boxe, c’était il y a 8 ans. La chose qui me marqua immédiatement fut l’odeur ! Mon Dieu, quel puanteur ! Ensuite, mes yeux se posèrent sur les sacs de frappe et les rings, et là, mon nez déjà anesthésié ne me servant plus, je me contentai de regarder, telle une petite fille, cet espace que je trouvais magique.
Un ring de boxe c’est quand même très impressionnant, c’est une arène voilà tout, les représentations se bousculent dans ma tête….le gong, le sang, les cris, la peur ! Bon, ok, je vais m’inscrire.
Pour la petit histoire, il s’agissait de boxe française, pieds/poings, mais le ring est le même, et la sensation quand on passe entre les cordes pour se placer au centre est unique !
Quand on pénètre dans l’univers de Fight Night, on est surpris par le sérieux de l’interface. La musique rap et/ou R’n'B qui englobe l’ensemble nous plonge directement dans le jeu. On a envie de bouger les épaules en rythme et de provoquer un quelconque adversaire en combat!
Car il n’aura échappé à personne que l’univers de la boxe est assez macho, et la fierté dont il faut faire preuve lors d’un combat n’a d’égale que sa hargne à vaincre.
La première étape est de choisir un mode de jeu. Soit on combat directement avec un boxeur connu (Myke Tyson, Oscar Delahoya, Ali etc….), soit on crée son propre boxeur, à son image. Inutile de vous dire qu’un boxeur avec ma tête et le corps de Tyson c’est pas très joli. J’ai choisi d’en créer un de toutes pièces. Grand, musclé assez fin, beau regard de tueur et avec un jeu de type rapide mais bon punch. Moi, le KO j’aime ça !
L’étape suivante consiste à l’entraîner, mais pas n’importe comment. Fight Night est un jeu de simulation et il se veut donc réaliste. On choisit un type d’entraînement : plutôt les bras, le jeu de jambes ou la vitesse, et ensuite on programme un combat. Il y a même des commentateurs ! Bon, ils disent souvent la même chose, mais au début ça en jette quand même.
Cette première rencontre a lieu dans une salle lambda, sans public, un peu comme en vrai finalement. Ensuite, notre palmarès évolue jusqu’à l’obtention du titre de champion du monde. On combat à Las Vegas et les fans hurlent à notre arrivée, les feux d’artifices frémissent et les jeux de lumière ne font pas dans l’humilité….
Moi et ma manette
Le gameplay imite les vrais coups : ainsi, un uppercut s’exécute en orientant le joystick analogique du bas vers le haut dans un mouvement circulaire, un crochet du côté vers le haut etc…C’est à mon avis la force de ce jeu, car on reproduit du bout des doigts les gestes du noble art.
En terme de sensations, l’adrénaline est présente dès l’intro, on avance vers le ring, le présentateur nous introduit et l’arbitre nous rappelle les règles. GONG ! C’est parti ! Il faut penser à beaucoup d’éléments, gérer son endurance en n’envoyant pas des punchs dans tous les sens, être tactique, technique. La bourrin attitude est sanctionnée par un méchant KO en moins d’une minute; patience, pertinence et « attitude » (comme disent les américans)!
Lorsque je faisais de la boxe française, il m’est arrivé de faire de la compétition. Pas de grandes choses, mais suffisamment pour ressentir cette anxiété qui noue l’estomac, cette peur de perdre. Je « souffrais » de ce qu’on appelle le jeu « petit bras », vous savez, lorsqu’on sent qu’on est proche de la victoire, et que d’un seul coup on retient ses coups et qu’on devient moins entreprenant. A la dernière reprise dans Fight Night, j’ai ressenti la même chose, la peur de gagner.
« à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »
La compétition, pour de vrai comme disent les enfants, implique une victoire ou une défaite (dans la boxe il y a aussi l’égalité). Gagner, c’est se montrer à soi, mais surtout aux autres que l’on a été le meilleur à un moment donné. La réussite, plus proche selon moi de la satisfaction, est plus intime, elle représente l’idée que l’on se fait de soi et de ce qu’on est capable de faire. On peut gagner un match et n’être pas satisfait de sa performance. L’inverse est vraie également.
Comme dans tout sport, la boxe a ses règles, les enfreindre c’est s’exposer à une réprimande de l’arbitre. Dans Fight Night, c’est la même chose, le joueur a la possibilité de porter des coups interdits qui sont alors sanctionnés.
On peut se dire que ce n’est qu’un jeu, alors un petit coup de boule de temps en temps, c’est pas bien grave…..Nan, nan, nan, on combat par les règles sinon on triche, c’est aussi simple que ça. Ce n’est pas une chose anodine. Roger Caillois* écrit dans son excellent ouvrage « Les jeux et les hommes », que la triche est une corruption de l’esprit de compétition (âgon) et de la chance (aléa). Elle entache la victoire car elle représente le contraire de ce qui fait un jeu, au sens noble du terme.
Fight Night permet aux joueurs de ressentir des émotions aussi fortes et uniques qu’en compétition. Je me demande d’ailleurs si le joueur qui n’a jamais fait de sport en vrai ressent la même chose.
Final round
Le jeu de simulation sportive a cette particularité de pouvoir être au plus près de ce que ressent le joueur. Il suffit de voir les tournois de PES (Pro evolution Soccer, simulation de foot) et le grand nombre de spectateurs qu’ils attirent pour s’en rendre compte. Le jeu en ligne enrichit encore l’expérience en y associant un adversaire « réel ». Mais l’adversaire le plus ardu reste celui que l’on a au fond de nous, et qui nous aide à repousser les limites.
Et vous, pratiquez vous un sport ? Jouez vous à des jeux de simulation ? sportive ou autre d’ailleurs ?
*Roger Caillois : (1913-1978); il a fondé avec Georges Bataille et Michel Leiris le « Collège de Sociologie », destiné à étudier les manifestations du sacré dans la vie sociale. Son ouvrage sur le jeu est une véritable référence en la matière.




4 commentaires
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bababaloo a dit :
22 décembre 2009 à 17 h 53 min (UTC 2)
Ne jouant que très (trop) peu aux jeux de sports j’ai du mal à réagir à cet article pourtant fort intéressant ! En effet je préfère les jeux plus arcades que les simulations à proprement parlé hormis pour les jeux de courses (GT,…) mais là c’est un comble vu que je n’ai pas le permis
Alors difficile de ressentir les mêmes sensations en jeu qu’en réel !
Plus sérieusement je pense qu’un jeu se doit de rester un jeu et un sport réel un sport !
Après ça n’a rien à voir mais on peut aussi faire du SPORT en jouant, un bon Dance Dance Reolution avec un Tapis vaut toutes les sortes d’entrainements en salle de Fitnesss
Lucie a dit :
23 décembre 2009 à 12 h 39 min (UTC 2)
J’adore le gars qui s’éclate sur GT mais qui n’a pas le permis, ce doit être cela la magie du jeu vidéo.
Pour ce qui est de la différenciation réelle/virtuelle elle est de toutes les façons indispensables, sinon on devient fou, enfin je crois…Pour ma part le sport sur WII ne me convainc pas trop, mais un bon DDR sur une borne arcade, alors là oui, c’est du sport !
loyd342 a dit :
31 décembre 2009 à 4 h 07 min (UTC 2)
les jeux de sport ca doit être les jeux auxquels je joue le plus depuis gamin, tout en faisant aussi beaucoup de sport en vraie, c’était pour moi plus le moyen de faire des choses en plus grand, jouer en NBA pour le basket, gagner rolland garros pour le tennis, jouer une final de ligue des champions pour le foot mais également les jeux de volley, golf, ou multi épreuve comme track and field ou la plusieurs c’est l’éclate total !
par contre en jeu de voiture c’est plus l’arcade qui me branche, style burnout, les jeux ou des le premier virage je vais tout droit, voiture cassé, fut recommencer heu non la ca m’amuse pas trop..
très très bon article, les jeux de boxe ca était bien sur punch out en premier pour moi, et ensuite les rocky, avec un sortis sur cube et play2 qui était très bon ! j’ai ce FF4 mais je l’ai pas encore attaqué.
jeux de fille a dit :
27 janvier 2010 à 23 h 54 min (UTC 2)
Bonne info , merci cela va m’etre utile !