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Pause lecture, Icare mag, le fil d’Ariane du jeu vidéo ?

Icare est un magazine à forte valeur ajoutée, centré sur des articles riches, littéraires, parfois décalés mais toujours mis en avant par une maquette à la fois aérée et graphique ! L’enjeu : mettre en adéquation la forme et le fond, l’écrit et le visuel !

Je vous propose aujourd’hui une pause lecture, avec Icare Mag, un trimestriel sur le thème du jeu vidéo, dont le numéro 1 vient de sortir. Il propose une approche exhaustive et ludique d’un thème, ici la saga God Of War, et plus largement la mythologie dans le jeu vidéo. On y retrouve également des articles de fond sur la création, des tests originaux et des illustrations magnifiques. A lire absolument !

Le visuel, une réussite incontestable.

Peu de suspens ici, Icare Mag est une claque sur le plan du visuel : une couverture superbe, accrocheuse, délaissant le texte (mais les journalistes se rattrapent après !) au profit d’un artwork de toute beauté. L’intérieur du magazine ne nous trahit pas, les illustrations, nombreuses, sont absolument superbes. Le grand plus est de proposer à des artistes renommés de travailler sur des personnages inédits pour eux. Leur touche personnelle est alors très intéressante à observer, j’ai trouvé que Kratos avait une humanité sur la couverture que je ne lui connaissais pas, un regard chargé d’émotions, presque de larmes ! C’est Xavier Thomas, un des génies qui a travaillé sur Assassin’s creed, qui l’a réalisé.

Un second atout non négligeable est l’absence de pub, il faut bien dire que cela fait du bien, ça permet de rester concentrer sur sa lecture et cela prouve qu’on peut faire de belles choses sans en avoir besoin ! Pourvu que ça dure.

Le petit bémol concerne les textes, le blanc sur fond noir moi ça me fait un peu mal à la tête :-) . Du coup, comme il y a beaucoup à lire, je suis obligée de faire des pauses…..mais vraiment ce n’est qu’un détail.

« Icare mag, l’envol du jeu vidéo », péché d’hybris de ses créateurs ?

Hybris signifie orgueil en grec, c’est un terme très fort car il est animé par la passion. Le moins que l’on puisse dire sur Icare, c’est que ses pères fondateurs sont passionnés. Passionnés par le jeu vidéo certes, mais aussi par l’écriture, la littérature, la recherche allant jusqu’à un certain perfectionnisme, c’est en cela selon moi que l’hybris n’est pas loin. Les avis sont nets, clairs et argumentés, à tel point que le débat ne peut se faire qu’entres spécialistes, donnant l’impression d’une volonté un peu élitiste. Je dis « un peu » car les articles sont rédigés avec pas mal d’humour et celui-ci créé un bon équilibre.

On est à des années lumières des tests du type, « les graphismes déchirent, la bande son est top, le gameplay au poil, 18/20″. D’ailleurs peut-on vraiment parler de « test » ? L’exercice relève d’avantage de la dissertation, dans le sens noble du terme, que du simple test. Le jeu est décortiqué, et tel ce cher Ducros, le journaliste se décarcasse !!

J’ai adoré l’article en mode écriture automatique, Kratos guidant la main du journaliste, j’ai vraiment retrouvé sa personnalité, son gigantisme, son intolérance à la frustration, sa colère, bref ce qui le caractérise. Quelle bonne idée, chapeau !

Le test de God Of War 3 m’a particulièrement touché. Si vous avez jeté un œil sur le blog, les autres articles, vous avez remarqué que je m’intéresse à la psychologie du personnage et au ressenti du joueur qui l’incarne, c’est mon dada comme dirait l’autre. L’auteur se met à nu, nous parlant de son ambivalence, sa déception face à ce Kratos méconnaissable, fou ? Dans ce test, il nous explique qu’il continuait à avancer dans le jeu, ne comprenant plus les actes du héros qu’il incarne, se sentant en décalage même. J’ai très rarement lu un test de cet angle là, avec autant d’émotions et surtout une telle implication, un vrai plaisir !

Alors à qui s’adresse ce magazine ?

…aux joueurs et aux fans de jeu vidéo mais aussi aux artistes, aux collectionneurs en recherche d’informations, de matériaux graphiques inédits ou d’interviews d’illustrateurs connus. (…) à tous pour sa valeur ajoutée (narrative, illustrée, informative) et la nature même du thématique.

La définition est large, mais à mon sens, Icare mag offre un parti pris assumé, intelligent pour ne pas dire intellectuel du jeu vidéo et de la création artistique. C’est pourquoi je ne suis pas sûre qu’il s’adresse  » à tous », presque 2 pages sur le gameplay de God of War 1, il faut être passionné pour avoir envie de lire des articles aussi pointus. D’ailleurs je réitère ma demande….comme je l’ai dit sur votre page facebook (vous trouverez des liens à la fin de l’article), j’a-do-re-rais un spécial Bayonetta, car moi 2 pages sur le gameplay ça me plait (ouch, je fatigue…).

Le mag me fait penser à un site internet que j’aime beaucoup, Dixième Art, « le jeu vidéo comme vous ne l’avez jamais vu »

Ce site est entièrement consacré à une critique raisonnée de la création multimédia contemporaine et l’affirmation des nouveaux supports de création tels que l’œuvre vidéoludique en tant qu’art.

Au delà du jeu en tant que tel, ce sont les questions de créations, de créativité qui sont abordées, et c’est tout simplement PASSIONNANT. Qu’il s’agisse de l’icareview de Xavier Thomas (Ubisoft), du planning prévisionnel de la saga des GOW ou encore du retour sur les jeux vidéo traitant du thème de la mythologie, chaque article est agréable à lire. J’ai beaucoup aimé lire votre test de Shadow of Rome, je m’étais beaucoup amusée sur ce titre à l’époque.

Comme dirait ce cher Vador, « Icare, je suis ton père ».

Difficile de parler d’Icare mag sans faire de références, plus ou moins fines j’en conviens, sur la mythologie. Le nom Dédale, qui est le père d’Icare, vient d’un adjectif grec signifiant « artistement travaillé ». Dédale était un touche à tout extrêmement doué, inventeur, sculpteur, architecte, on lui doit le fameux labyrinthe, abris de fortune du Minotaure.

Si je vous parle de Dédale c’est que je me suis demandée si les créateurs du mag n’avait pas un peu pensé à lui en choisissant le nom de leur progéniture. Le destin d’Icare est funeste et je ne souhaite absolument pas le même à ce titre qui, vous l’aurez compris je pense, m’a comblée.

Maintenant que je vous ai parlé de Dédale, vous comprenez peut être mieux mon titre, non ? Eh bien Dédale à donner à Ariane le fil qui permettra à Thésée de sortir du labyrinthe après avoir terrasser le Minotaure. Je trouve que Icare mag nous guide à travers la création, du story board à l’artwork, du projet au gameplay, de l’imagination au plaisir de jouer.

Je trouve tellement d’infos sur le net autour du jeu vidéo que je dois l’avouer, je n’achète jamais de magazine spécialisé. Icare a permis mon retour en librairie :-) .

Un second bémol, oui quand même, j’ai trouvé que la mise en page donnait l’impression d’une sorte d’hommage à la saga God Of War, alors que les articles sont très critiques, Chains of the Olympus (épisode sorti sur PSP) est habillé pour l’hiver ! Du coup j’ai été très étonnée à la lecture des tests. Finalement, j’observe une nouvelle fois que ce sont les passionnés qui sont les plus critiques envers les œuvres qu’ils adorent, car si j’ai bien compris, vous avez pris du plaisir sur GOW, non ?

Bref, vivement le numéro 2 !

Tout ce qu’il faut savoir sur Icare mag

Tout d’abord une présentation au format .pdf qui vous donnera une idée de la facture du mag, cliquez ici

le site du mag

La page Facebook (bientôt Twitter j’espère)

En plus, retrouvez une interview d’Aurélien Beuzard, chef du projet sur le blog de Gohan,

et une critique chez Gameblog.

N’hésitez pas à donner votre avis sur ce mag qui ne peut laisser indifférent !

12 commentaires

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  1. Aurélien a dit :

    Merci beaucoup Lucie, ça fait vraiment très plaisir !! Voir le mot « passionnant » donne toujours du baume au coeur.

    Et je suis ravi que le test de Gow III t’aies plu, il faudra en féliciter Khayrhalt.

    Sur Bayonnetta, le jeu est bien trop jeune pour que nous puissions développer comme nous avons fait pour God of War. En revanche, on pourrait le retrouver en test dans un autre numéro :D

    Au passage, « Icare je suis ton père » m’a beaucoup fait rire. Mais pour rebondir plus sérieusement, on n’a aucune prétention à l’élitisme même si on essaye d’élever le débat ou le lecteur vers des domaines qui nous sont chers. Après, l’essentiel, c’est vraiment de partager autour du jv, de se marrer et de proposer des angles de réflexion dans le cadre de notre ligne éditoriale.

    En tout cas merci à toi pour cette critique passionnée et je retourne sur la nouvelle du numéro 2 avec un grand sourire au lèvre.

    ps: sur ton bémol, c’est la première fois qu’on me fait part de la question de la lisibilité. Cela dit, les fonds se révèlent bien plus sombres une fois le magazine imprimé. On veillera à ce que le numéro 2 soit moins éprouvant pour les yeux sensibles dont je fais moi-même partie (je pense que le contraste est trop sévère, avec des fonds plus clairs, ça aurait été moins fatigant).

  2. Moossye a dit :

    Bien évidemment, je me joins à tout sitting visant à intégrer Bayonetta dans un prochain numéro. (En parlant de Bayonetta, j’avais vu ton retweet de Pix’n Love à propos des Cahiers du JV 4… Et bien il y a un article sur Bayonetta dedans, hé hé :) )

  3. Lucie a dit :

    ok pour le sitting :-)
    et d’ailleurs il est de toi cet article, n’est-ce pas ?

  4. Lucie a dit :

    @Aurélien,
    merci d’avoir pris le temps de lire la critique et d’y répondre, cela fait très plaisir.
    C’est vrai que la sorcière est encore un peu jeune pour avoir droit à un numéro typé saga, mais un test ira très bien :-)

    au passage je félicite Khayrhalt, si tu peux transmettre.

    en tout cas mission réussie pour ce premier numéro, vivement la suite !

  5. Moossye a dit :

    @Lucie ouaip’, il est de moi :)
    Bon je vais essayer de trouver ce fameux Icare mag !

  6. Khayrhalt a dit :

    En passant, merci pour les mots par rapport à GoW3 ( vu que je l’ai écrit). J’ai plaisir à voir que certaines personnes comprennent pleinement l’ambivalence de Kratos et la haine/amour que l’on peut ressentir en l’incarnant :)

  7. Lucie a dit :

    Merci d’être passé sur le blog :-)
    Comme je l’ai dit, tu abordes dans ton test un aspect du jeu vidéo que je trouve passionnant et trop rarement abordé.
    Bonne continuation !

  8. hairaz a dit :

    Bonjour,
    Ayant moi aussi lu le magasine, je trouve ta critique un peu unilatérale. Par exemple, le magasine ayant une vraie vocation littéraire, je n’ai pas été totalement convaincu par le mag’(je l’ai tout de même beaucoup aimé et je suis en général d’accord avec ce que tu dis). Par exemple, j’ai trouvé l’autoportrait de Kratos parfois à l’extrême limite de l’excès, et les jeux avec le 4ème mur sont assez classiques. Cependant, je dis ça en jugeant Icare Mag comme je jugerais un véritable roman, et je souligne vraiment les quelques points faibles. Je trouve ça un peu dommage de les oublier ^^.

    P-S : eh oui, ça m’obsède, mais il ne fallait pas poster la critique sur Facebook, hein.

  9. Lucie a dit :

    Bonjour, bienvenue à toi
    J’ai lu ta critique et les échanges avec Icare en commentaires, très intéressants d’ailleurs.
    C’est vrai que « l’autofiction »de Kratos est à la limite de l’excès mais c’est ce qui fait sa force à mon sens, Kratos est un personnage intrinsèquement excessif, c’est sa trademark :-)

    J’ai trouvé le mag original et insufflant un air frais dans la presse JV que j’ai laissé tomber au fil du temps, j’ai aimé et ça se sent, c’est vrai, au risque d’être unilatérale, c’est vrai aussi :-)

    J’ai quand même émis une critique il me semble, sur la dichotomie ( le terme provient du rédacteur d’Icare) entre la forme rendant hommage au jeu et les tests assez critiques.

    A plus :-)

  10. Icare mag a dit :

    Hairaz : outre que ta critique était extrêmement contradictoire (elle le reste), je crois que tu n’as pas compris que le jeu dont tu parles avec le « 4ème mur » est brisé par le fait même que Kratos s’adresse au lecteur (l’originalité, c’est que Kratos parle de l’auteur qu’il inspire au lecteur qui le lit). Par ailleurs, tu mélanges les noms, l’article dont tu parles ne se nomme pas « autoportrait » mais « autofiction ». Enfin, si c’était aussi classique que cela, je ne recevrais pas tant de critiques. CQFD.

    J’ajoute que tu aurais mille fois plus de poids en écrivant magazine avec un z comme dans zoé. C’est un peu comme quelqu’un qui voudrait critiquer un philm ou un liwre : ça la fout mal :D

    En conclusion, je dirai qu’il y a bien sûrement des points faibles mais que tu as du mal à les exprimer de manière cohérente. Et j’ajoute que même si ton argumentaire était en béton armé, il n’aurait pas valeur universelle.

  11. hairaz a dit :

    Sinon, je suis effectivement d’accord avec toi : Icare Mag continue le souffle d’air frais qui arrive dans la presse vidéoludique française avec IG Mag entre autres (enfin, c’est juste mon avis de grand lecteur d’IG), mais bien évidemment dans une toute autre dimension qu’IG.Mag évidemment.

  12. caz a dit :

    Je ne connaissais pas du tout, je vais essayer de m’en trouver un exemplaire pour voir ce que cela donne.

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